Chantegrillet

Résidence senior

Maîtrise d’ouvrage : YOUSE

Lieu : Sainte-Foy-lès-Lyon (69)

Maîtrise d’oeuvre : SG Architecte

Surface : 7900 m²

Coût : NC

Calendrier : Etude

Programme : Construction d’un

ensemble de 2 bâtiments de 113

logements (T1 au T3) avec espaces

communs,commerces, micro-crèche,

,espaces paysagers plantée.

Le groupe Scolaire Chantegrillet avait accompagné le développement de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon en 1956. Celui-ci fût un coeur dynamique jusqu’en 2019, désormais amoindri depuis le regroupement avec l’école de la Plaine Chantegrillet. La place rue Laurent Paul délaissée de ses anciens usages mérite un égard particulier, permis aujourd’hui par la cession de la parcelle AE 21.

Cet emplacement stratégique bénéficie d’opportunités rares, de par les aérations de son tissu urbain typique des années 60, et in fine, permet de s’implanter suivant une trame déjà définie, souvent caractérisée de trop rigide et pour autant gratifiée de nombreuses qualités urbaines. Pour n’en citer que quelques-unes, une implantation Est/Ouest, des densités intéressantes alors que le mitage des territoires est un enjeu de politique urbaine, des reculs vis-à-vis de son voisinage. De plus, les rez-de chaussée affranchis des constructions sont souvent des espaces végétalisés, des possibilités de cheminements. Ainsi, nous pouvons regretter, bien que nous en connaissions les raisons, la présence de trop nombreuses barrières qui sont un frein à la fluidité théorique de ce tissu urbain. Aussi, en présence sur le site, nous déplorons la trop grande sécheresse de la Place-Parking rue Laurent Paul. Pour autant et par expérience du site, nous savons qu’elle produit des usages appréciés par les riverains. C’est toujours un lieu de rassemblement pour les familles et leurs enfants qui bénéficient du jardin attenant à la salle municipale.

En somme, bien qu’une requalification du site nous semble pertinente, pour toutes ces raisons, nous nous réjouissons de pouvoir proposer une réflexion sur un territoire large où des poches de vie sociale demeurent et d’où nous saurons puiser notre intervention.

CONCEPT :

Nous proposons un corps de bâtiment venant s’implanter en limite de référence suivant les axes de construction déjà établis par le maillage urbain de Chantegrillet. Ce positionnement permet de respecter la logique du territoire mais surtout de concentrer les efforts urbains sur la requalification de la place Laurent Paul. En effet, le rapport de mitoyenneté entre ces deux sites nécessite que l’un sur l’autre vienne contenir sa dilatation et déjà par ce simple procédé d’échelle redéfinir le dessin de la place.

Pour accentuer cette intention, nous avons décidé d’offrir un rez-de-chaussée très urbain, assumant bien volontairement sa minéralité, sans toutefois reproduire la rudesse trop présente actuellement. En effet, le rez-de-chaussée le long des axes routiers est travaillé avec douceur et générosité, le souci du détail est omniprésent, les jeux de bossages sur la matière accrochent la lumière et soulignent le traitement de façade. Les menuiseries de bois sont grandes et ouvertes sur l’espace public, le fronton accueillant et poreux laisse le regard circuler en coeur d’îlot. Trois césures végétalisées rythment l’alignement à la rue et offrent de nouvelles respirations. Des bacs maçonnés et intégralement plantés couronnent ce rez-de-chaussée haut de près de 4 mètres. Une micro-crèche et un salon de coiffure s’implantent dans des locaux sur rue largement vitrés.

Les rideaux intégrés aux menuiseries amènent des touches de couleur et surtout animent la façade au gré des usages des résidents. Ainsi la façade vibre selon les saisons et la vie qu’elle y accueille.

Les étages en recul de la rue proposent une lecture différente mais néanmoins qualitative. Chaque logement dispose d’une grande terrasse privative dont les séparatifs sont le parti pris d’un nouveau rythme. L’entrée au parking de la résidence se fait chemin de Chantergillet par une rampe unique. Les stationnements se déploient sous le corps du bâtiment et limitent au maximum la perméabilisation des sols. Aucun stationnement ne se fera à l’extérieur pour conserver la primauté à la pleine terre et à la végétalisation.

Enfin, un attique couronne le corps principal de notre édifice, celui-ci est placé en retrait de façade afin qu’il n’apparaisse jamais depuis la rue. Ce recul nécessaire nous permet d’offrir une juste échelle avec les bâtiments avoisinants ,notamment les maisons pavillonnaires du chemin de Chantegrillet. Pour les immeubles de plus grande hauteur qui contiennent et surplombent notre proposition architecturale, nous développons une couverture végétale concourant aux qualités esthétiques et environnementales de la résidence.

De plus, le dessin de cet attique nous permettra de cacher aux yeux des bâtis alentour l’ensemble des équipements techniques liés au fonctionnement de l’édifice. En conséquence, nous traitons la toiture comme étant une cinquième façade visible et habitable puisque deux larges terrasses attenantes à des appartements triplement orientés seront proposés.

Notre architecture s’écrit différemment en cœur d’îlot. En effet, nous ambitionnons une écriture intégralement en bois dès le rez-de-jardin. De nombreuses plantations sont prévues non pas comme éléments de décor mais comme la constituante même de notre architecture. Un jardin semi-ouvert dont l’organisation reste à définir avec la ville sera proposé aux usagers de la résidence et aux fidésiens. Il sera constitué d’arbres de hautes tiges et d’espèces locales non allergènes. Des aménagements seront prévus pour accueillir des activités à destination des enfants. Plus loin en cœur d’îlot, jouxtant une allée plantée d’arbres, nous réaliserons un potager dont l’usage pourrait être pédagogique et à destination du restaurant que la résidence propose. Une terrasse lui sera d’ailleurs dédiée dans cet écrin de verdure. Le traitement des logements du côté îlot ne diffère pas de celui côté rue, notre volonté de qualité ne s’arrête pas à la seule démonstration urbaine.

En l’occurrence, nous retrouvons ces mêmes terrasses dont les séparatifs tels des meubles édicules assurent l’intimité bien nécessaire. Les réaliser ainsi, constituante d’une architecture pensée de bout en bout, nous permet d’harmoniser l’écriture de façade et d’assurer partout une cohérence de style qui fait parfois défaut dans les réalisations où ces séparations ne sont pas figurées. Enfin, ces séparatifs n’isolent pas uniquement de la vue mais sont de véritables armoires extérieures où les résidents peuvent stocker du petit matériel, de jardinage par exemple, de vie tout simplement. En ce qui concerne les logements, chacun dispose d’une généreuse terrasse -un mètre quarante de large- et non moins de généreuses ouvertures sur l’extérieur. Ici aussi, les menuiseries de bois sont de toute hauteur, la lumière rentre abondamment dans des espaces propres et harmonieux. Tous les logements sont dessinés suivant une trame structurelle précise dépendant de la construction bois que nous mettons en place.

Evidemment l’intégralité des appartements sont handicapables et d’une hauteur de deux mètres soixante. Les appartements sont protégés du soleil en été par la portée des terrasses supérieures et également par ces mêmes rideaux que nous retrouvons au rez-de-chaussée. Les garde-corps sont légers et laissent circuler l’air et la lumière. Enfin le revêtement extérieur est de qualité puisqu’il s’agit de bois clair issu des forêt PEFC et FSC.

En tant que maître d’œuvre, nous souhaitons bien au-delà des contraintes règlementaires réaliser le bâtiment le plus vertueux possible. Il nous semble plus qu’opportun de réaliser cet ouvrage à l’aide d’une construction bois. De faire en sorte que les isolants soient biosourcés, d’avoir une couverture végétalisée et un mix énergétique.